Qui c’est… Alain Schneider ?
Voici ce que dit la bio officielle rédigée par Philippe Barbot *:
Depuis dejà cinq années et 3 albums, Alain Schneider ravit aussi bien les enfants que les parents.
Cet amoureux de la double-croche accrocheuse et des allitérations éthérées est un cas à part : une sorte de magicien sonique qui mélange avec autant de bonheur zazou, fantaisie à la Trenet, poésie à la Prévert et musiques aux mélodies qui folâtrent et gambadent.
Sa cliquetante Java des squelettes ou sa piquante ode aux moustiques qui “satakatou” sont devenus des classiques des refrains familiaux. Un secret qui lui vient sans doute de son enfance à lui, passée en pleine forêt vosgienne, dans la petit ville de Raon-l’Etape. Elevé par une directrice d’école maternelle qui l’initia au piano, le petit Schneider, écolier au style “déconneur sympa” comme il dit, se prit assez tôt de passion pour la poésie.
Grandi au son de Brahms, Beethoven, Brassens, Pink Floyd et Ray Charles, un bac littéraire en poche et un service militaire dûment effectué en Allemagne (comme Elvis !), l’Alain plein d’allant s’exila pour Paris où il travailla un temps chez un éditeur de musique. Sa mission ? Emballer des flûtes et préparer les commandes de partitions (on appelle ça un “sorteur de notes”), jobs sans doute prédestinés mais pas assez ambitieux pour un tel artiste en devenir, né de surcroît un vendredi 13.
Plus tard, après s’être essayé à diverses sémillantes activités comme batteur de rock musette (sic) ou danseur contemporain (re-sic), avoir fréquenté la scène rock parisienne de l’époque, entre Gibus et Rose Bonbon, au sein d’un groupe baptisé Insomnie (re-re-sic), on le retrouve compositeur et arrangeur pour des documentaires, des contes pour enfants, des pubs et du multimédia.
Devenu papa, il commence a écrire des chansons pour ses 4 filles et se décide enfin à enregistrer un premier disque, intitulé « Plus loin que le bout de ton nez » en 2002. Deux ans plus tard, paraît « Midi à quatorze heures », son deuxième album, qui contient des perles comme « le vieil éléphant », « Gagarine » ou « Je marche à petits pas », et qu’il défend sur de multiples scènes, devant des ribambelles ravies et des parterres debout.
Mais si Alain Schneider aime chanter pour les enfants, il déteste la chanson infantile. Les siennes entre deux couplets qui batifolent, parlent aussi d’écologie, d’humanisme, de tolérance et de tendresse. « T’es rien sur la terre, terrien » affirme t-il dans ce nouvel album, avant de glorifier « le bleu de l’air, le bleu de l’eau ».
Mais Alain Schneider n’est pas du genre à assener des leçons. Comme il dit : « Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où le doute est de moins en moins permis… en toutes choses et de plus en plus tôt, il faut choisir absolument un camp, ça m’agace… Je ne suis ni dans l’enfance ni dans l’âge dit adulte… et j’aime aborder des thèmes sérieux sur un ton léger ». C’est sans doute la raison pour laquelle il a intitulé son dernier album « Entre le Zist et le Zest », une vieille expression venue du 18ème siècle, qui veut dire ni bon ni mauvais, ni beau ni moche, entre chien et loup, mi-figue mi-raison.
Concocté en compagnie de son complice, le guitariste et arrangeur Lauri Prado, l’album propose treize morceaux qui serpentent de jazz manouche en rythmes cubain, de boogie pas bougon en pop pimpante. Y’a un monde fou qui habite dans ce disque. On y croise les Beatles et Little Nemo, Grappelli, Aigle Blanc et Cheval Gris, des géants et des moulins à vent, des bavards qui papotent et des gros paquets dans des petites valises, une mouche qui swingue, des piranhas cannibales, un ogre qui joue de l’orgue, des limaces qui chassent les champignons, des papillons plein le salon et un vieux pingouin dans la salle de bain.
« Comment voulez-vous que je m’ennuie, la vie me chatouille jour et nuit », chante Alain Schneider. A l’image de ce disque qui gratouille et qui gazouille, qui fait rire et réfléchir, danser à tue-tête et chanter comme un dératé. Un disque à écouter vautré dans les pâquerettes, en contemplant les nuages qui forment « des gorgones et des dragons, des chimères et des moutons ». Un disque qui donne envie de partir en vacances dans la Lune pour mieux « ronfler sur une plage de plumes, les orteils en bouquets de violettes ». « Rien de plus barbant qu’un univers en noir et blanc » chante encore Alain Schneider dans « Le bleu de l’air, le bleu de l’eau ».
Inutile d’essayer de colorier son album, il l’est déjà.
* Philippe Barbot est journaliste, auteur-compositeur, interprète, musicien.

